Vélo et mobilité douces
Donnant suite à l’époque du « tout automobile », notre société a connu une prise de conscience sur la nécessité de favoriser le développement des mobilités douces.
Ainsi, en 1984 le Comité Interministériel des Villes organisé dans le cadre du programme « Villes plus sûres, quartiers sans accidents » affirmait que « la voirie urbaine ne doit pas être un corps étranger dans la ville, ni une coupure, mais un cadre de vie ».
Plus particulièrement depuis l’année 2005, on observe un regain de la pratique du vélo, ainsi qu’une opinion publique favorable, témoignant d’une réelle mutation sociologique.
L’extension des zones piétonnes dans de nombreux centres urbains et la multiplication des aménagements en faveur des piétons indiquent également un changement de comportement important des « aménageurs ».
Cet essor est accompagné par de nombreuses études visant à développer leur usage et ce, à diverses échelles d’intervention (commune, regroupement de communes, département ou Région) et selon diverses thématiques : de la définition de la politique en termes de mobilité, à la planification des aménagements cyclables adaptés, jusqu’à l’accompagnement à la mise en œuvre et aux actions de communication.
Les études générales en matière de mobilité servent aux maîtres d’ouvrage, quelle que soit leur taille, à définir les champs d’investigation à mener dans le futur. Il peut s’agir d’études générales de déplacements. La démarche sera similaire à celle d’un Plan de Déplacements, avec toutefois, davantage d’actions développées sur les mobilités douces (covoiturage, centrale de mobilité, mise à disposition de deux roues, incitation à la réalisation de Plan de Déplacements des Administrations ou de Plans de Déplacements des Etablissements Scolaires…).
En particulier, le développement des déplacements piétons s’aborde de manière transversale dans le cadre d’études générales de mobilité. Leur concrétisation au travers de la programmation des aménagements de la voirie et des espaces publics permet de mener une action globale sur les différents modes de circulation et d’accroître la place accordée aux piétons en ville. La loi du 11 février 2005 relative à l’Egalité des Droits et des Chances, en étendant son champ d’application à la voirie et à l’espace public, contribue également à améliorer la qualité des cheminements piétons.
Les études de Schéma Directeur relatives aux vélos concernent principalement 3 volets :
- la définition des liaisons cyclables et des aménagements cyclables adaptés (bande ou piste cyclable, voie verte, voie bus ouverte aux cyclistes, zone 30 ou de rencontre, zone piétonne…), avec parfois en accompagnement une charte cyclable permettant de fournir un référentiel commun d’intervention des collectivités concernés en regard des recommandations et prescriptions légales et formulées par le CERTU. Les cheminements piétons sont à prendre en compte (mixité ou partage des usages) et peuvent être intégrés fortement par la réalisation d’un schéma des déplacements doux. Le Schéma Directeur Cyclable fournit une programmation opérationnelle des équipements et aménagements à réaliser, à court, moyen et long termes, avec une indication des difficultés à lever et une estimation financière selon les priorités d’actions,
- le jalonnement des itinéraires, en accompagnement d’un schéma d’itinéraires, principalement destiné aux touristes,
- le plan de stationnement, visant à définir les emplacements à proximité des pôles générateurs, en cohérence avec le schéma d’itinéraires et également le type de stationnement préconisé (stationnement sécurisé, semi-sécurisé, arceaux simples, mise en place de dispositifs de location ou de prêt de vélo - vélostation ou vélo en libre service).
Elles peuvent être élargies à un positionnement politique des organismes vis-à-vis du développement de la pratique cyclable, au travers la réalisation par exemple d’un Plan Vélo Départemental ou Régional. Ce type d’approche permet de définir au-delà des aspects liés à l’infrastructure, les actions d’accompagnement nécessaires et les degrés de participations techniques ou financières souhaitées à terme : en investissement ou en fonctionnement (intermodalité, communication, sensibilisation…) ; en maîtrise d’ouvrage propre ou en aide aux acteurs locaux (subventions, co-financement, support technique…).
Les aménagements cyclables constituant une compétence partagée entre les acteurs impliqués, ces études doivent nécessairement être menées en collaboration étroite avec les collectivités concernées, et de préférence avec les associations de cyclistes (sportifs, utilitaires, touristiques ou de loisirs) afin de répondre aux mieux aux attentes locales et variées. Elles font parfois l’objet d’enquêtes spécifiques : comptages de cyclistes aux carrefours ou enquête qualitative visant à apprécier les caractéristiques des déplacements, la satisfaction et les attentes des cyclistes.
En outre, la prise en compte des deux-roues a été abordée à travers de très nombreuses études de circulation, d'aménagement, de déplacements multimodaux ou dans le cadre des études d'impact sur des aménagements routiers par exemple.
Des études plus fines peuvent être réalisées à l’échelle d’un établissement scolaire, d’une administration, d’une entreprise ou d’un groupement d’entreprises, afin d’encourager à l’usage des modes alternatifs à la voiture. Il s’agit des PDES, PDA ou PDE réalisés selon la méthodologie du ADEME.
Vos interlocuteurs :
Marie LALIRE, Céline GAUTIER
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